[Total : 1    Moyenne : 5/5]

L’Autoqualité est un outil important pour donner de la polyvalence et impliquer le personnel dans la démarche Lean 6 Sigma de l’entreprise.

Introduction

Par définition, l’autoqualité consiste à considérer toutes personnes d’un processus comme étant un client. Cela consiste à mettre en œuvre les 3 principes de l’autoqualité1 :

Je ne reçois pas, je ne fais pas et je ne transmets pas de non qualité

1 – Standardiser les opérations

Première étape, on va standardiser les opérations. Elle doit permettre de les simplifier et de les rendre évidente pour limiter le risque d’erreur.

2 – Mettre en place l’autocontrôle

L’autocontrôle consiste à donner de l’autonomie au personnel pour juger les défauts (acceptation ou non du produit) et mettre en œuvre les actions correctives.

On s’appuiera sur des standards de contrôle, des standards de réactions et le développement de défauthèques pour créer des formations.

3 – Mettre en place les principes du Jidoka

Le Jidoka représente la volonté de ne plus produire tant que la résolution du problème n’est pas actée.  Cette culture doit être implémenté par l’application des différents outils du Jidoka.

4 – Déployer la maîtrise statistique des processus

Cette méthodologie a pour enjeu de mettre en place des outils statistiques de suivi de la production. Basée sur la mise en place de cartes de contrôles et d’études de capabilité, elle nous permettra d’identifier les facteurs sources de variabilités, et de stabiliser nos processus.

5 – La matrice Auto-Qualité

La matrice Auto-Qualité a pour enjeux de rendre visuel le niveau de qualité de la ligne poste après poste et d’établir une relation entre le lieu de détection du défaut et l’origine de celui-ci. Autrement dit, il s’agit de voir si nos processus sont suffisamment robustes pour être capable de détecter le défaut au moment où il est produit.

5.1 – Construire la matrice

  1. Découper les processus en éléments facilement identifiables (poste 1, poste 2…).
  2. En colonne : mettre l’ensemble des postes en intégrant les postes amonts (les fournisseurs). Ce sont les postes qui ne doivent pas produire de défaut.
  3. En ligne : mettre l’ensemble des postes pour lesquels nous pouvons identifier les défauts, les clients internes (tri, expédition…) et externes (jusqu’au client final). Ce sont ces postes qui ne devront pas transmettre ou recevoir de défauts.
  4. Identifier pour chaque poste les différents moyens de contrôles qui ont été mis en place : standardPoka-Yoké, Autocontrôle…

5.2 – Mettre en place les indicateurs

Au delà des indicateurs « classiques » de la non qualité (nb de réclamations clients, taux de rejets…), l’indicateur clé de l’autoqualité est le « Bon du premier coup ». Autrement dit, on va mesurer le rapport entre les défauts générés et détectés par le poste et les défauts totaux générés par ce même poste. Au plus on est proche de 100% au plus notre processus d’autoqualité est performant, le poste qui génère le défaut est à même de le détecter.

Le management de l’Autoqualité

L’Autoqualité ne se déclare pas du jour au lendemain2. C’est d’abord un souhait de la direction qui doit soutenir une dynamique positive de recherche de la meilleure qualité. Pour cela, chacun a son rôle à jouer :

  • Les opérateurs : formés aux principes de l’autoqualité, ils doivent avant tout respecter les standards, se mettre dans une attitude 0 défaut et communiquer autour des problèmes.
  • Les responsables d’équipes : ils doivent appliquer l’attitude Genchi Genbutsu et faire respecter les standards. Au delà, ils doivent prendre le temps et laisser le temps au personnel pour la résolution de problèmes.
  • Les services supports (achats, ressources humaines…) : souvent les « oubliés » de la démarche, l’autocontrôle et ses principes s’appliquent également à eux. Cela permettra en particulier de participer au changement de culture de l’ensemble de l’entreprise.
  • Le service qualité : en charge du déploiement et du suivi, il doit être force de proposition dans l’amélioration des moyens et systèmes  de contrôles et s‘assurer que les exigences clients soient respectées.
  • La direction : La direction joue une nouvelle fois un rôle clé. Exemplaire dans l’attitude et l’état d’esprit, elle doit s’assurer de la cohérence avec les objectifs de l’entreprise et donner le temps et les moyens pour garantir la qualité.

Source

1 – F. Saverino (2010) – Diminuer la non qualité en entreprise

2 – M. Ballé, G. Beauvallet (2013) – Le management Lean

P. Bédry (2012) – Les basiques de l’autoqualité

autoqualité

Share This