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Le principe de la séparation Hommes-Machines remonte au temps de Ohno. A cette époque, il y avait un opérateur pour une machine, chacune des machines n’étant pas réglées sur le même Takt Time.

Introduction

Le principe de la séparation Hommes-Machines a été développé dans les années 1950 par Taiichi Ohno. A cette époque, il y avait un opérateur pour une machine, chacune des machines n’étant pas réglées sur le même Takt Time. La conséquence était double :

  1. Certaine machine générait de la surproduction puisque la machine en aval était sur un temps de cycle plus long.
  2. Les opérateurs des machines « rapides » étaient toujours en train d’attendre, tandis que les autres étaient toujours en train de courir. Ohno expliquait que chez soi l’on reste rarement devant le lave-linge pendant que celui-ci tourne1.

Le principe

Via l’observation de cette situation, Ohno décida de développer le principe de la séparation des cycles de travail de l’homme du cycle de travail de la machine. L’idée était de faire en sorte d’organiser les tâches pour permettre à une même personne de s’occuper de 2 à 4 machines.

La mise en œuvre de ce principe repose sur 2 étapes que nous détaillons ci-dessous.

1 –  Mettre en place l’« autonomation »

Le premier, la machine doit être « autonome ». Autrement dit, elle doit fonctionner seule sans la surveillance à 100% d’un opérateur et par conséquent être capable de détecter seule les défauts (principe du Jidoka). Pour cela, cette fonctionnalité doit être prévue dès la conception du process et inclure des capteurs ou autres systèmes permettant à la machine de détecter le défaut et de s’arrêter dans l’immédiat. L’équipe de conception devra lister les types de défaut et identifier des solutions fiables de détection. Les conséquences que l’on doit observer sont :

  • Un même opérateur doit pouvoir s’occuper de plusieurs équipements.
  • Une situation anormale doit se voir facilement.
  • Une machine qui s’arrête doit alerte le personnel.

2 – Mettre en place le principe du Chaku-Chaku

Le Chaku-Chaku est un terme Japonais signifiant « Charger, Charger ». Il découle d’une onomatopée Japonaise décrivant le fait de travailler en rythme. Le principe est de disposer une succession d’équipements dans l’ordre de la séquence de travail, le plus proche possible les uns des autres, avec des chargements et déchargement de pièces simplifiées.

Chaque machine, automatique ou semi-automatique, effectue une opération différente, toute au même Takt Time. L’opérateur ayant à effectuer que le chargement des pièces en suivant un « circuit » prédéfini. Le travail est plus fluide et sans arrêt intempestif, l’opérateur ayant plus qu’à charger le poste suivant, contrôler la qualité des pièces et le bon fonctionnement général.

Cette approche a pour avantage de réunir dans une même zone des équipements d’un même flux de valeur et ainsi de réduire les Lead Time, stock, déplacement….

Ceci est en contradiction avec une vieille méthode consistant à regrouper les équipements par pôle. L’idée était de réunir les équipements par typologie de technologie ou de fonction. L’objectif était alors de faciliter la maintenance ou d’avoir à limiter la formation du personnel. Mais l’inconvénient était justement d’augmenter les Muda de déplacement, de stock…

Pour le chargement

Pour le chargement de la pièce dans la machine, on choisira le plus souvent une solution manuelle. Le positionnement de la pièce nécessitant souvent une attention particulière pour garantir la qualité du travail, il est préférable de les garder en manuel plutôt que de les automatiser. Entre les pannes, les déréglages et les ajustements, il arrive que des chargements automatiques ne permettent pas d’assurer un bon positionnement de manière fiable et répétable.

Pour le déchargement

Pour le déchargement, sauf si contrainte particulière, on préférera une fonction d’éjection automatique. On appelle cela le Hanedashi (自働啟動, « auto-éjection ». L’inverse de l’Hanedashi est la Chaku Datsu). L’opération de déchargement ne nécessitant pas d’attention spécifique hormis le fait de garder l’intégrité de la pièce, on pourra facilement prévoir une éjection automatique.

Les règles du Chaku-Chaku

L’application u principe du Chaku-Chaku imposent de suivre des règles de conception. Nous retrouvons2.

Pour l’opérateur

Mouvement des mains

Les 2 mains sont tout le temps utilisées.

On prend avec la main gauche et on dépose avec la main droite.

Mouvements parallèles : « haut et bas ».

Eviter les mouvements « avant et arrière ».

Mouvement des yeux

Le regard est droit vers l’avant, pas de nécessité de regarder tout autour.

Temps de manipulation

Moins de 3 secondes pour chaque étape du process.

Sécurité et qualité

Il n’y aucun élément gênant les mouvements et déplacement sur le cycle entier.

Mouvement des pieds

Mouvements parallèles : « haut et bas ».

Eviter les mouvements « avant et arrière ».

Conçu pour avoir le moins de déplacement.

Pour les process

Hanedashi

Il n’y a pas nécessité de mouvements complexes pour prendre la pièce.

Démarre la machine en mouvement

Il n’y a aucune difficulté pour mettre en route le cycle machine.

Guide

L’insertion est facile.

Le positionnement des pièces ne demande pas d’ajustement particulier.

Source

1 – T. L. Besser (1996) – Team Toyota : transplanting the Toyota culture to the Camry plant in Kentucky

2 – Porsche Consulting (2007) – In search of lost time

A. Petitqueux (2001) – Implémentation Lean, application industrielle

C. Hohmann (2009) – Techniques de productivité : comment gagner des points de performance

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