[Total : 1    Moyenne : 5/5]

Le QQOQCCP est sans doute l’outil de base le plus commun. Il est très utile pour décrire un problème, phase clé dans le processus de résolution.

Introduction

Le mnémotechnique QQOQCCP (Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Comment ? Combien ? Pourquoi ?) résume une méthode empirique de questionnement. Dans un préalable à une analyse ce questionnement systématique permet de définir tout type de sujet, ceci en vue de collecter les données nécessaires et suffisantes pour faire l’état des lieux et rendre compte de la situation sans rien omettre. En anglais, cette méthode est 5W2H (Who, What, Where, When, Why, How, How much).

Sa simplicité, ses caractères logique et systématique font que beaucoup l’utilise aussi pour structurer la restitution des résultats de leurs analyses.

Historique

On trouve l’origine du QQOQCCP dans les premiers pas de la recherche scientifique. Selon Socrate (437 – 399 av. JC), la recherche est un état d’esprit, une posture de questionnement. Il émet l’idée que la recherche est une interrogation constante de nos croyances, attitudes, pratiques professionnelles…

Nous devons au rhéteur grec Hermagoras de Temnos (1er siècle av JC) la formation de l’esprit scientifique grâce à la méthode QQOQCCP transmis par Saint Augustin(Quis, Quid, Quando, Ubi, Cur, Quemadmodum, Quibus Adminiculis).

Puis, ce sera le rhéteur Marcus Fabius Quintilien (35 – 96), qui écrivit un traité sur la façon de parler, Institution oratoire, dans lequel, il décrit un hexamètre (vers de 12 syllabes reparties en 6 hexa mesures mètres) pour se souvenir des 7 points à traiter lors d’une enquête : Quis, Quid, Ubi, Quibus Auxillis, Cur, Quomodo, Quando.

Dans des temps plus modernes, cette méthode empirique est utilisée par les journalistes pour cerner un évènement2. Dans une application industrielle, c’est Taylor qui utilisa cet outil : dans le cadre des méthodes d’analyses des tâches et de standardisation, la personne en charge de faire ces améliorations devaient alors se poser ces 7 questions.

La méthode

L’usage de la méthode est on ne peut plus simple, ce qui la rend pertinente, d’autant plus qu’elle permet de faire le tour rapidement du sujet.

Description

Questions

Réponses attendues

Quoi ?

Description de la problématique, de la tâche, de l’activité.

De quoi s’agit-il ? Que s’est il passé ? Qu’observe-t-on ? Quel est le besoin ?

Objet, actions, procédés, phase, opération, machine…

Qui ?

Description des personnes concernées, des parties prenantes, des intervenants.

Qui est concerné ? Qui a détecté le problème ?

Personnel, clients, fournisseur…

Où ?

Description des lieux.

Où cela s’est-il produit ? Où cela se passe-t-il ? Sur quel poste ? Quelle machine ? Quelle étape ?

Lieux, atelier, poste, machines…

Quand ?

Description du moment, de la durée, de la fréquence.

Quel moment ? Combien de fois par cycle ? Depuis quand ? Quel a été le déroulement des actions ?

Mois, jour, heure, durée, fréquence, planning, délais…

Comment ?

Description des méthodes, des modes opératoires, des manières.

De quelle manière ? Dans quelles circonstances ? Par quel contrôle ?

Moyens, fournitures, procédures, mode opératoire…

Combien ?

Description des moyens, du matériel, des équipements.

Quel coût ? Quels moyens ? Quelles ressources ? Combien de défauts ?

Budget, pertes, nombre de ressources…

Pourquoi ?

Description des raisons, des causes, des objectifs.

Dans quel but ? Quelle finalité ? Pourquoi est-ce un problème ?

Action correctives, préventives, former, atteindre les objectifs…

Variante 1

En colonne, la réponse aux 4 questions est complétée par la réponse aux 3 modalités : Comment ? Combien ? et Pourquoi ?

Comment ?

Combien ?

Pourquoi ?

Qui ?

Quoi ?

Où ?

Quand ?

Variante 2

Une autre variante venue par les chercheurs Kepner et Tregoe, consiste à compléter la matrice en répondant aux questions EST et N’EST PAS. Le principe permet de mieux cibler le périmètre en évitant de s’éparpiller.

Est

N’est Pas

Quoi ?

Qui ?

Où ?

Quand ?

Comment ?

Combien ?

Pourquoi ?

Conseils d’utilisation

  • Les « combien ? » et les « pourquoi ? » peuvent se poser à la suite des autres questions mais il convient aussi de se les poser après chaque réponse. Ce procédé permet de renforcer l’argumentaire.
  • Le « combien ? » est souvent utilisé afin de donner une mesure de l’enjeu global, les valeurs indiquées doivent être le plus représentatives possibles.
  • La constatation de lacunes dans les données et informations disponibles peut conduire à stopper ou à reporter l’action.
  • Pour ne pas se contenter d’une analyse superficielle, les questions nécessaires doivent être posées avec insistance, jusqu’à ce qu’il ne soit plus possible de trouver de réponses supplémentaires. Cependant l’intégralité des données ainsi cumulées n’est pas forcément utile. Postérieurement à la collecte, il convient d’effectuer une synthèse-évaluation des données obtenues pour en présenter un résumé suffisant.

Source

1 – D. W. Robertson (1946) – A Note on the Classical Origin of ‘Circumstances’ in the Medieval Confessional

2 – X. delengaigne (2013) – Organisez votre temps avec le Mind Mapping

C. H. Kepner, B. B. Tregoe (1980) – Le manager rationnel : méthodes d’analyse de problèmes et de prise de décision

L. Avrillon (2005) – Démarche de résolution de problèmes qualité dans le cadre de produits nouveaux de haute technologie

Share This