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La SIT, Systematic Inventive Thinking, est une méthode de développement créée dans les années 1990 en Israël. Dérivée de la TRIZ, elle est une approche pratique de créativité, d’innovation et de résolution de problème.

Introduction

La SIT, Systematic Inventive Thinking, est une méthode de développement créée dans les années 1990 en Israël. Dérivée de la TRIZ, elle est une approche pratique de créativité, d’innovation et de résolution de problème.

Au cours des années 1970, Ginadi Filkovsky, l’un des étudiants d’Altshuller, émigra en Israël et rejoignit l’université de Tel Aviv. Il a commencé à enseigner TRIZ et à l’adapter aux besoins des entreprises de haute technologie israéliennes et internationales.

Deux doctorants, Jacob Goldenberg et Roni Horowitz, ont rejoint Filkovsky, concentrant leurs recherches sur le développement et la simplification de la méthodologie. Leurs travaux ont constitué la base de la méthode SIT telle qu’elle existe aujourd’hui. TRIZ et SIT partagent une hypothèse de base : il est possible d’étudier des idées créatives existantes dans un domaine, d’identifier des modèles logiques communs dans ces idées, de les traduire en un ensemble d’outils de réflexion, puis de les appliquer pour générer de nouvelles idées créatives. Malgré les points communs, le SIT diffère fortement de TRIZ à plusieurs égards importants, principalement en raison de son application pratique. 

Les deux principes

  1. La première idée de la SIT est que vous devez reformer la façon dont le cerveau pense à la résolution de problèmes. La plupart des gens pensent que la façon d’innover consiste à partir d’un problème bien défini, puis à réfléchir à des solutions. La SIT propose de faire le contraire. Nous commençons par une solution conceptuelle et abstraite, puis nous revenons au problème qu’il résout. Ce processus est appelé “Function Follows Form”, d’abord signalé en 1992 par le psychologue Ronald Finke. Il a reconnu qu’il y a deux directions de réflexion à la résolution de problème : du problème à la solution et de la solution au problème. L’origine de cette réflexion repose sur la méthode des particules développés par Altshuller
  2. La deuxième idée clé de la SIT est le point de départ appelé « The Closed World ». Nous avons tendance à être très surpris par des idées « juste sous le nez », qui sont liées d’une manière ou d’une autre à notre réalité actuelle ou à notre vision du monde. C’est contre-intuitif parce que la plupart des gens pensent que vous avez besoin de sortir de leur domaine actuel pour être innovant. Des méthodes comme le brainstorming… utilisent des stimuli aléatoires pour vous pousser hors des sentiers battus pour des idées nouvelles et inventives. La SIT stipule que les idées les plus surprenantes sont à proximité. Ce principe provoque souvent une résistance, car il va à l’encontre des intuitions les plus courantes sur la pensée créatrice, la notion de “penser en dehors de la boîte”.

Etape 1

La première étape, en suivant le principe du « Function Follows Form », consiste à lister l’ensemble des éléments constituant la situation que nous souhaitons étudier.

Par exemple, si l’on souhaite innover dans la manière de changer une roue de voiture lors d’une crevaison. Les éléments à notre disposition sont :

  • Une roue
  • Un cric avec sa manivelle
  • Une croix pour dévisser

Etape 2

La seconde étape consiste à appliquer une ou l’ensemble des techniques d’invention de la SIT ci-dessous pour identifier X concept de produit/service :

  • Soustraction : Les produits et services innovants ont tendance à avoir quelque chose de supprimé, généralement quelque chose qui était auparavant considéré comme essentiel pour utiliser le produit ou le service. Le Sony Walkman original a soustrait la fonction d’enregistrement, défiant toute logique à l’idée d’un « enregistreur ». Même le président de Sony et inventeur du Walkman, Akio Morita, a été surpris par la réponse enthousiaste du marché.
  • Unification des tâches : Les produits et services innovants ont tendance à regrouper certaines tâches et à les « unifier » au sein d’une composante du produit ou du service, généralement une composante qui, auparavant, n’était pas liée à cette tâche. Le crowdsourcing, par exemple, mobilise de grands groupes de personnes en les chargeant de générer des idées ou des tâches, parfois sans même s’en rendre compte.
  • Multiplication : Les produits et services innovants ont souvent été copiés mais modifiés d’une manière ou d’une autre, généralement d’une manière qui semblait inutile ou redondante. De nombreuses innovations dans les appareils photo, y compris la base de la photographie elle-même, sont basées sur la copie d’un composant et ensuite de le changer. Par exemple, un double flash lors de l’accrochage d’une photo réduit la probabilité de “yeux rouges”.
  • Division : Les produits et services innovants tendent à avoir une composante séparée du produit ou du service et à être replacée quelque part dans la situation d’utilisation, généralement d’une manière qui semblait initialement improductive ou inapplicable. Diviser la fonction d’un tiroir du réfrigérateur et de le placer ailleurs dans la cuisine créée, un tiroir de refroidissement.
  • Dépendance d’attribut : Les produits et services innovants ont tendance à avoir deux attributs corrélés les uns aux autres, habituellement des attributs qui semblaient n’avoir aucun rapport auparavant. Lorsqu’un attribut change, un autre change. Les lunettes de soleil de transition, par exemple, s’assombrissent à mesure que la lumière extérieure devient plus claire.
En reprenant notre exemple, lors de l’application de la technique d’unification des tâches, le concept suivant est identifié pour aider à dévisser la roue :

Etape 3

Des différents concepts générés lors de la phase de créativité précédente, on va les tester vis-vis du marché pour savoir lequel répond le mieux à une demande.

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