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L’analyse Vépole est une modélisation graphique des systèmes techniques. 

Introduction

L’analyse Vépole est une modélisation graphique des systèmes techniques. Cette analyse repose sur l’analyse substance/champ (S-Field) dont il est l’acronyme en russe (« Vechestvo » – Substance, et « pole » – champ). Par l’analyse du modèle, on va pouvoir choisir parmi les 76 standards de solutions proposées par Altshuller.

Le principe

Le modèle Vépole se compose de 3 éléments :

  • La substance : il s’agit de l’objet matériel. Il peut s’agir d’un élément simple (une vis…), ou complexe (voiture…) qui va être modifié/transformé (vissé…).
  • Un champ : il s’agit de la source d’énergie au sens large (gravité, réaction chimique…) qui permet l’action de transformation de la substance.
  • Les liens : ce qui relie la substance et le champ. Ces liens peuvent être :

Satisfaisante : elle participe correctement à la réalisation d’une fonction du système.
Néfaste : elle génère des désagréments ou participant à la réalisation de fonctions non souhaitées.
Excessive : ce sont des interactions utiles mais l’intensité est trop importante.
Insuffisante : ce sont des interactions utiles mais l’intensité est trop faible.

Le modèle minimal

La réalisation d’une fonction passe par l’interaction entre deux substances, du fait que pour agir, le champ a besoin d’une seconde substance, dénommé alors l’outil qui fait l’action. Ainsi, pour qu’un système soit efficient, il doit être constitué au minimum de deux substances et d’un champ1.

Les standards de résolution

L’intérêt de la modélisation substance-champ est de permettre la représentation simple des problèmes, notre contradiction. Une contradiction fait intervenir les substances, les interactions et les champs qui permettent la réalisation de la fonction. Cet ensemble forme le système à considérer, au regard du problème à résoudre.

L’intérêt de la modélisation est l’existence d’un outil pour transformer ce modèle graphique du problème en modèle graphique de solution : les standards de résolution.

Altshuller a synthétisé les méthodes standards utilisées par les concepteurs dans leurs travaux, puis a construit une dialectique de définition de ces standards. Ils sont au nombre de 76. L’objectif de chaque standard étant de passer à un ou plusieurs modèles de solutions. Les standards sont construits sous la forme de recommandations, et généralement, formulés selon le schéma suivant :

Si <Condition 1> et <Condition 2>, alors <Recommandation>.

Les deux conditions permettent de reconnaître la typologie du problème associée au standard. Ainsi, pour un modèle de problème construit, il existe un certain nombre de recommandations permettant de construire le modèle de solution correspondant.

 Les 76 standards sont regroupés en cinq classes qui correspondent à des catégories de typologie de problèmes. Pour sélectionner la bonne classe, le processus est le suivant2 :

Exemple

Suite à une crevaison, la pression dans le pneu n’est plus suffisante pour soutenir la jante. La modélisation Vépole de ce problème est la suivante :

Et met en avant la contradiction suivante :

Le pneu doit soutenir la jante afin de supporter la voiture, MAIS le pneu ne peut pas soutenir la jante car la pression d’air est insuffisante.

En utilisant le schéma de choix du standard, nous obtenons :
1. Quel est le besoin : changer le système, car un simple changement ne pourrait pas répondre et apporter une solution suffisamment robuste.
2. Quelle est l’amplitude du changement : petit, car en effet, nous ne souhaitons pas remettre en cause le système de roue et de pneu.
3. On utilise alors un des standards de la classe 2. En lisant les différents standards de la classe 2, le standards 2.1.1 nous est le plus parlant. En effet, en rajoutant une substance, il nous sera possible d’apporter une solution à notre problème.
4. On remodélise notre problème en appliquant le standard 2.1.1. Nous obtenons :

On développe alors le système PAX. Une bande souple mise directement sur la jante et qui permet en cas de crevaison de continuer à rouler dans détériorer la voiture ni compromettre la sécurité.

Source

1 – Y. P. Salamatov (1999) : TRIZ : The Right Solution at the Right Time, Insytec B. V., 90-804680-1-0, Hattem, The Netherlands.

2 – Miller J, & al. (2001) :  Using the 76 Standard Solutions : A case study for improving the world food supply

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