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« Je n’aurais pas dû perdre autant de temps à tenter de convaincre les récalcitrants. » – Jack Welch

Introduction

La « stratégie des alliés » est le concept central de la sociodynamique. La sociodynamique est une méthode de conduite du changement, inventée et développée par Jean-Christian Fauvet dans les années 1970.

Sa finalité est de gérer l’énergie déployée par les acteurs sur un projet de changement. Cette énergie peut être à la fois positive (il l’appelle la « synergie ») et négative (appelée « antagonisme »). Il n’est pas suffisant de dire que tel acteur (ou groupe d’acteurs) est pour ou contre un projet. La réalité est plus complexe : il peut être pour et contre à la fois… ou ni l’un ni l’autre.

Un acteur peut être à la fois plus antagoniste et plus synergique qu’un autre : c’est-à- dire développer à la fois plus d’énergie pour et plus d’énergie contre un projet. Un « allié », au sens sociodynamique du terme, est donc un acteur injectant davantage de synergie que d’antagonisme.

Selon ce principe d’énergie, la stratégie des alliés a un double objectif :

  • Sur le plan de la synergie, elle vise à accroître la synergie des acteurs en place et/ou le nombre d’acteurs synergiques.
  • Sur le plan de l’antagonisme, elle cherche à cantonner, voire à réduire, l’antagonisme (ou le nombre d’acteurs antagonistes).

Les 3 principes

Faire l’inventaire des acteurs

D’abord, elle suppose de faire l’inventaire des acteurs, et d’identifier la nature de l’énergie qu’ils injectent (ou pas) dans le changement. Ce travail se fait avec la « carte des partenaires ». La carte permet de visualiser le degré de synergie et d’antagonisme des acteurs. Bien souvent, on s’aperçoit que s’il y a éventuellement des opposants, il y a aussi peu d’alliés, en tout cas peu d’alliés déclarés. Il faut donc en créer, en susciter. La stratégie des alliés est fondamentalement une démarche visant à accroître le nombre d’acteurs mettant de l’énergie dans un changement.

Accepter l’antagonisme

Ensuite, il faut accepter une certaine dose d’antagonisme de ses alliés, c’est-à-dire, ne pas vouloir, en tout point, le même avis que nous. L’important est qu’ils injectent de l’énergie dans le projet. Une large part de la réussite du projet va dépendre du talent et de l’écoute du pilote du changement, de sa capacité à intégrer, dans le projet, ce qui est important pour eux.

Consacrer plus de temps aux alliés qu’aux opposants

Enfin, il faut consacrer plus de temps aux alliés qu’aux opposants. Principe a priori de bon sens, mais souvent oublié tant est forte la propension à s’occuper des acteurs qui font du bruit et à regarder là où c’est « éclairé » (syndrome du Lampadaire). L’actualité des entreprises et des réformes publiques fourmille d’exemples où les pilotes du changement s’occupent plus des opposants que des alliés, avec pour effet de montrer à tous les acteurs que l’antagonisme est une stratégie plus payante que la synergie. Consacrer du temps à ses alliés, cela signifie les associer aux travaux, leur donner des responsabilités, du pouvoir de décision, de l’information, de la reconnaissance, les faire travailler ensemble, les mobiliser, leur donner un rôle important… En un mot, montrer qu’il est payant d’être synergique.

Ce sont les alliés qui font la réussite d’un projet, bien plus sûrement que les opposants ne font son échec.

Source

J. C. Fauvet (2004) – L’élan sociodynamique

O. d’Herbemont, B. César (1996) – La stratégie du projet latéral

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