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Cet article a vocation de vous faire comprendre les basiques de la comptabilité et en tant qu’agent du changement vous aider à échanger avec le service financier de votre entreprise.

Généralité de la comptabilité

L’objectif de la comptabilité et de l’analyse des coûts est de comprendre comment l’entreprise génère son résultat, peut l’améliorer, et combien elle doit prévoir de production pour quelle rentabilité.

C’est à partir des années 1970-80, que la comptabilité connaît une révolution :

  • Au-delà du domaine industriel, il faut également contrôler les activités de service.
  • Les entreprises étant de plus en plus grandes, pour les comprendre et les maîtriser, il faut les fractionner en entités plus restreintes.
  • Les états commencent à prendre conscience des préoccupations comptables et imposent des systèmes pour en contrôler l’efficacité.
  • L’informatique naissante, il devient possible de multiplier les opérations de plus en plus facilement.
  • Du modèle “fordien” aux modèles actuels, la proportion coûts directs/coûts indirects dans le coût d’un produit s’est trouvée inversée. Si au début du XXème siècle, les coûts directs représentaient plus de 70% du coût total d’un produit, aujourd’hui, ce sont les coûts indirects qui en représentent la majeure partie. Plus complexe que les coûts directs, il devient nécessaire de les maîtriser pour comprendre la rentabilité.

La notion de coût

La notion de coût est complexe et se définit via 3 caractéristiques1 :

  • L’objet : il définit le périmètre de notre mesure. On souhaite le coût « De quoi ? ». Cela peut être le coût d’une fonction (service RH par exemple…), d’un produit,…
  • Le contenu : Chaque coût peut prendre en considération toutes ou parties des charges. On peut parler de toutes les charges (coût complet), de charges ayant certaines caractéristiques (coût partiel), de leur variabilité (coût fixe vs variable) ou de leur relation avec l’objet (direct vs indirect).
  • Le moment : les coûts peuvent être calculés de manière à priori via ce que nous savons ou à posteriori via ce que nous avons constatés.

Quelques définitions

  • Coût fixe : celui-ci ne varie pas quel que soit l’activité de l’entreprise.
  • Coût variable : il varie en fonction de l’activité de l’entreprise.
  • Coût direct : il peut être rattaché sans laisser le doute sur un produit précis.
  • Coût indirect : il n’est pas lié à un produit précis, mais est lié à la maîtrise de l’environnement du produit (commercial, gestion…).
  • Le seuil de rentabilité : il est le point d’équilibre où le Chiffre d’Affaires généré permet de couvrir les charges : elle ne gagne rien mais elle ne perd pas non plus.
  • Le levier opérationnel : il s’agit du lien entre le Chiffre d’Affaire et le résultat. En clair pour un levier de 0.5, 1% de Chiffre d’Affaire en plus génère 0.5% de résultat supplémentaire. Il se calcule de la manière suivante : (variation du Résultat / Résultat initial) / (variation du CA / CA initial).

Les principales méthodes

Il existe différentes méthodes utilisées par les services administratifs pour calculer les coûts, les gains et élaborer le Bilan Comptable.

La méthode des coûts complets

Méthode historique, elle existe depuis le XVIème siècle. L’objet de cette méthode est de déterminer à chaque stade de la vie d’un produit le coût lié à ce stade. A chacun de ces stades, on va répartir les charges directes et indirectes aux différents centres de répartitions selon les clés associées. Clés fixées plus ou moins arbitrairement par le contrôleur de gestion.

Par exemple, une des clés souvent utilisée est de répartir les charges indirectes de production à l’heure de main d’œuvre directe. La somme des coûts divisée par le nombre d’heures produites permet de trouver le coût unitaire.

Cette méthode possède quelques inconvénients :

  • Les charges indirectes sont réparties de manière « linéaire » et cela est un problème si les produits sont hétérogènes.
  • Le choix des clés de répartitions est prépondérant, au mieux elle est discutable, au pire arbitraire. L’utilisation d’une clé différente peut donner des résultats très différents.
  • Le risque d’erreur est d’autant plus important que la proportion de charge indirecte est grande.

Coût variable (direct costing)

Elle consiste à imputer à chaque produits les charges spécifiques correspondantes nous permettant d’obtenir les coûts fixes, et à regrouper les coûts fixes en une masse indifférenciée. Ainsi au lieu de mesurer un coût de revient réel complet, on met à part les charges fixes comme charges de « structure ». On mesurera ensuite la contribution de chaque activité à la couverture de ces coûts fixes.

Cette méthode possède quelques inconvénients :

  • Si une partie du processus est externalisée, on ne pourra pas distinguer les réels coûts de celui-ci du bénéfice qu’il effectue.
  • On est focalisé sur les ventes et le niveau de contribution de ceux-ci, pouvant parfois conduire à des politiques de prix dangereuses.

 

La méthode ACB

La méthode ACB adopte une vision différente. Elle consiste à voir l’entreprise comme une suite de processus qui concoure à la réalisation d’un produit, et que ce sont ces processus qui consomment des ressources. Le principe de la méthode est donc le suivant : les objets de coûts (produits, clients,…) consomment des activités (distribution, vente, préparation de commandes, production…) qui elles-mêmes consomment des ressources. Nous retrouvons alors 3 types de charges :

  • Les charges directes imputables au produit.
  • Les charges indirectes imputables à l’activité.
  • Les charges indirectes non imputables à une activité.

Les charges indirectes seront imputées en fonction de « l’inducteur de coût », sachant que, si un même inducteur est commun à plusieurs activités, alors on définira un groupe d’activités.

Source

1 – C. Riveline (1980) – Evaluation des coûts : élément d’une théorie de gestion

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