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Aussi loin que l’on remonte dans le temps, les États ont toujours senti le besoin de disposer d’informations sur leurs sujets ou sur les biens qu’ils possèdent et produisent. Ce fut en développant des outils mathématiques que les scientifiques de l’époque purent mettre en place des représentations fidèles des populations des états pour créer les statistiques.

Historique

La statistique vient du latin « status » : État. On peut distinguer différentes phases dans l‘évolution de la statistique que nous détaillons ci-dessous.

Dans l’antiquité, les premières traces de la statistique ont été retrouvées en Égypte avec l’enregistrement des crues du Nil. Mais, on retrouvera aussi les Chinois ou encore les indiens1. Les philosophes grecs, comme Aristote dans l’antiquité, abordaient à leur époque les prémices de ce qui sera les statistiques descriptives2 :

« En même temps, suivant la politique inaugurée par Aristide, ou assura à la multitude largement sa subsistance. Il arriva que par les contributions extraordinaires, par les droits et impôts, par les alliés, plus de vingt mille hommes étaient nourris. Il y avait en effet six mille juges, mille six cents archers et en outre douze cents cavaliers ; le Conseil comptait cinq cents membres, les gardes des arsenaux étaient au nombre de cinq cents, et les gardes en ville au nombre de cinquante ; environ sept cents hommes exerçaient des magistratures dans le pays; environ autant, en dehors du pays. Plus tard, quand Athènes eut entrepris la guerre, il y eut deux mille cinq cents hoplites, vingt vaisseaux croiseurs, d’autres vaisseaux pour la perception des tributs ayant à bord les deux mille hommes désignés par le sort. Ajoutons le prytanée, les orphelins, les geôliers. Tout ce monde tirait sa subsistance des revenus publics. »

Ces exemples montrent l’universalité de la démarche statistique et le souhait de comptabiliser, comparer… Cet aspect global de l’approche statistique par les états se retrouve dans un autre élément présent dans les débuts de la statistique à savoir la mesure des sols et des propriétés tels qu’ils apparaissent dans la constitution des divers cadastres.

Il semble que les premiers paramètres de position qui aient été utilisés soient le mode, valeur apparaissant le plus fréquemment, et le « milieu de l’intervalle défini par les valeurs extrêmes ». La moyenne arithmétique apparaît clairement dans l’œuvre de l’astronome danois Tycho Brahé (1546-1601) qui, en constituant un ensemble de données sur le mouvement des planètes, permit à Kepler de formuler ses lois.

Toutefois, les premières réelles traces de statistique tel que l’on peut la connaître aujourd’hui, sont retrouvées à partir du 17èmesiècle via des réflexions sur le hasard menées par Pascal, Fermat ou encore Huygens. Ces recherchent arrivent en parallèle à la création de la virgule, des tables trigonométriques et du logarithme.

Ce sera au 18ème siècle que l’on attribuera au professeur G. Achenwall, la création du mot Statistik en 1746. Ce terme tient du cheminement étymologique suivant3 :

Latin : Status = Etat >> Italien : Stato = Etat >> XVIème Statista = Homme d’état >> 1633 : Statistica = relatif à l’état >> 1672 : Statistique en français et Statistik en Allemand signifiant à l’époque : Etude méthodique par des procédés numériques des faits sociaux qui définissent l’état

Le nom change de valeur, d’abord en Angleterre, en devenant « statistics » (1798), puis en France en 1832, et prend le sens de : « ensemble de techniques d’interprétation mathématique appliquées à des phénomènes. »

Le nom désigne ensuite (1862) l’objet des statistiques : « ensemble de données numériques concernant une même catégorie de faits ».

Les 17ème et 18ème siècles seront clés dans le développement des statistiques avec la profusion de recherche, théorème… Puis, ce sera avec le « Prince des mathématiques », Carl Friedrich Gauss (1777-1855), avec la loi qui porte son nom, que débutera les statistiques que l’on connait de nos jours4.

Du 19ème siècle jusqu’au milieu du 20ème siècle, principalement grâce à l’école anglaise (Galton, Pearson, Gosset, Yule, Fisher), ce sont développés de nouveaux outils statistiques dont les statistiques inférentielles et surtout la compréhension de l’utilité pratique de la statistique dans de nombreux domaines autres que l’usage qu’en fait l’état. Globalement, le développement de cette science s’est fait dans le sillage du développement de bien d’autres sciences dans les mathématiques ou la physique.

Depuis les années 1960, avec le développement des savoirs et la banalisation des outils informatiques, les statistiques ont beaucoup évolué dont en particulier avec les statistiques descriptives multidimensionnelles (graphique…). Désormais, la statistique est partout que ce soit pour comprendre nos besoins de consommations que prédire les résultats des élections…

Les deux familles de statistiques

Les statistiques descriptives

Statistique la plus ancienne, on retrouve sous ce terme le fait de décrire un ensemble de données. Cette description peut se faire de manière numérique ou graphique. Dans cet objectif, il n’est donc fait aucune hypothèse probabiliste sur ces données, il s’agit d’une représentation brute.

Les statistiques inférentielles

Par définition (petit Larousse), “une inférence est une opération par laquelle on passe d’une vérité à une autre, jugée tel en fonction de son lien avec la première“. Autrement dit, les statistiques inférentielles, au contraire des statistiques descriptives, ont pour objectif d’induire un comportement général en fonction du particulier (exemple des sondages)5.

Source

1 – J. C. Oriol (2007) – Une approche historique de la statistique : des premiers pas à la « géométrie du hasard » et aux « maîtres de l’erreur »

2 – Aristote (330 avant JC) – Constitution d’Athènes

3 – Le Robert – Edition 1993

4 – A. Guerreau (2004) – Statistique pour historien

5 – C. P. Dancey, J. Reidy (2007) – Statistiques sans maths pour psychologues

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