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La Check-List OSHA est un outil simple pour commencer une démarche de détection et de réduction des TMS.

Introduction

OSHA est l’acronyme de Occupationnal Safety and Health Agency (l’agence de santé au travail américaine). Dans le cadre d’un projet de création de normes ergonomiques, c’est le professeur M. A. Silverstein qui développa en 1997 une Check-List permettant de détecter des risques de TMS.

Sa simplicité et sa clarté en font un outil intéressant pour le dépistage des TMS. L’agence en publie un certain nombre en fonction de ce que l’on souhaite étudier (haut du corps, bas du corps…) ainsi que du secteur d’activité (travail en ateliers, travail dans le secteur chimique, dans les bureaux…).

Le principe

Le principe consiste à questionner le personnel sur ses conditions de travail. Les réponses sont ensuite évaluées via une grille standard.

Jusqu’où aller dans la standardisation ?

 La standardisation a été utilisé à outrance, avec les échecs que ce type de démarche ont pu connaître. Il est nécessaire de définir le juste nécessaire pour que le bien social et la performance soit au rendez-vous.

Le modèle de Karasek met clairement en avant ce point : Au plus les équipes sont contraintes par des niveaux de standardisation élevé, au plus le risque psychosocial est présent et au moins nous avons de performance.

On s’appuira sur le questionnaire de Karasek pour identifier le bon niveau de nos standards.

La méthode se base uniquement sur des entretiens. Or, il est possible que les réponses puissent être “orientées” : le personnel pouvant craindre les réactions de la direction, serait emmené à ne pas tout dire. Ce qui biaiserai les résultats. Une bonne communication au préalable avec la participation du médecin du travail est indispensable.

De fait, il est nécessaire de conserver du recul par rapport au résultat : un score de 4 peut cacher une situation à risque si la tâche implique des postures dorsales contraignantes ou si la hiérarchie exerce une pression d’autant plus stressante sur l’opérateur pour fausser les résultats. 

1 – Définir le poste d’étude

La première étape est de définir le ou les postes que nous allons étudier. Généralement, on choisira les postes connus comme étant à risque. Le choix est important, car si on veut que « la mayonnaise prenne », les résultats devront être probants et visibles.

2 – Définir l’échantillon

La seconde étape consiste à définir le nombre de personnes nécessaires à interviewer. Trois pistes nous permettent d’identifier ce nombre :

  • Si le poste contient au maximum 5 personnes, on prendra les 5.
  • Si nous avons plus de 5 personnes pour un poste,  L’INRS préconise la formule suivante en prenant l’arrondi supérieur :

Taille de l’échantillon = 5 + 0,1 * (nb de personnes – 5)

3 – Effectuer les entretiens

Chaque entretien doit se passer dans une salle, sans perturbation extérieure. De préférence, c’est le médecin du travail qui anime les entretiens. Mais avec un minimum de formation, une autre personne peut le faire si cela n’est pas possible autrement.

L’enjeu est ici de s’assurer que la personne réponde spontanément et honnêtement aux questions. Si nécessaire, un déplacement sur le poste de travail peut se faire pour que l’animateur puisse de lui-même se rendre compte de la situation et apprécier l’évaluation de celle-ci.

4 – Interprétation

En additionnant les résultats de la grille, on obtiendra un score que nous comparons aux chiffres suivant :

S’il en ressort une situation à risque pour les TMS, l’intervention d’un médecin ou d’un ergonome s’avère nécessaire. Il passera alors à l’étape suivante d’analyse en utilisant d’autres outils comme le Rula ou encore l’équation de Niosh pour identifier les causes des problèmes et les résoudre.

Source

E. Tai (2001) – Osha compliance management : a guide for long term health care facilities

J. R. Grubbs, S. M. Nelson (2007) – Safety made easy, a checklist approach to Osha compliance

https://www.osha.gov

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