[Total : 1    Moyenne : 5/5]
La méthode Orège propose l’originalité de se baser sur une confrontation entre l’évaluation d’un spécialiste et celle de l’opérateur. Elle permet ainsi une bonne implication et compréhension.

Introduction

OREGE est l’acronyme de “Outil de Repérage et d’Evaluation des GEstes“. Il a pour objectif d’identifier les risques TMS des membres supérieurs aussi bien droit que gauche liés :

  • aux positions articulaires extrêmes.
  • à des efforts.
  • aux fréquences des mouvements.

Au regard du fait que la méthode propose une évaluation « subjective », il est nécessaire que l’animateur ait de bonnes connaissances en ergonomie.

La méthode

  1. Identifier le cycle de travail que l’on souhaite analyser : le choix se fera de préférence sur un processus que l’on sait « à risque ». Il est pertinent de demander au personnel leurs avis sur quel processus étudier en priorité.
  2. Préparer le relevé : celui-ci se fera sur plusieurs cycles de travail non consécutifs. Ce point est important car il permet de prendre en compte les aléas de production. Il faut planifier les relevés, en s’assurant de la présence du personnel et de la disponibilité de ceux-ci pendant les opérations. On précise que la durée du relevé est de 1 à 2 heures.
  3. Procéder aux relevés : chaque relevé se fait en 3 séquences. Les données de chacune des 3 sous-catégories doivent se faire bien distinctement les unes des autres, et dans l’ordre suivant : Les efforts, les positions articulaires et la répétitivité.
  4. Effectuer le diagnostic : l’évalué et l’évaluateur doivent faire le point sur la situation, se mettre d’accord sur une évaluation, puis prendre les actions nécessaires en cas de situations à risques détectées.

1 – Evaluation des efforts

Par définition, un effort est la contraction d’un muscle ou d’un groupe de muscles. L’évaluation de ceux-ci passe par 3 étapes détaillées ci-dessous.

1.1 La recherche des efforts

La première est de rechercher des indices d’efforts : tout ce qui pourrait à un moment donné ou à un autre demander une contraction musculaire. Voici une liste d’indices d’effort1 :

  • Masse des objets et outils : tous les objets, même petit, que l’opérateur peut être emmenés à utiliser pendant son travail. La limite admissible de ces objets est inférieure à 2kg. Au delà, on sera dans le cas d’un port de charge.
  • Le type de prise : la prise « standard » est la prise à pleine main via une poignée adaptée à la situation. Toute autre situation sera considérée comme plus sollicitante.
  • Pression : la pression que l’on exerce ou qui est exercée sur la main sera aussi à éviter. Exemple typique de l’utilisation de la main comme « marteau ».
  • Vibration : tout élément générant des vibrations sera considéré comme un facteur de sur-sollicitation.
  • Température : la température de travail doit être autour de 20°C. Les températures particulièrement chaude ou froide seront considérées comme plus sollicitante.
  • Les gants : leur usage est considéré comme une sollicitation supplémentaire car nos mouvements sont moins libres.
  • Effet de couple : l’utilisation d’un outil dont la mise en route ou l’utilisation génère un couple est considéré comme un facteur potentiellement d’hyper-sollicitation.

1.2 Auto-évaluation

Une fois l’ensemble des situations nécessitant un effort spécifique listées, l’opérateur va auto-évaluer le niveau d’effort en utilisant une échelle prédéfinie (voir document Excel).

1.3 Confrontation

La dernière étape consiste à confronter les avis de l’opérateur et celui de l’animateur de la démarche. Sur la base d’échange, ils doivent arriver à ce « mettre d’accord » sur une évaluation des efforts.

2 – Evaluation des positions articulaires

On va successivement et sur plusieurs cycles évaluer les positions articulaires :

  • Du cou
  • Des épaules
  • Des poignets
  • Des coudes

Le principe repose sur une évaluation à 3 niveaux de chacune des positions de ces articulations. Pour chacune des articulations, on va définir les positions selon 3 zones (voir document Excel) :

  • Zone de confort : en Vert
  • Zone non recommandée : en Orange
  • Zone à éviter : en rouge

Si la posture est maintenue pendant plusieurs minutes, on rajoutera 1 point supplémentaire.

3 – Evaluation de la fréquence

L’évaluation de la fréquence est basée sur le même principe que pour les efforts. On va commencer par une auto-évaluation, puis on va confronter l’évaluation de l’opérateur avec celle de l’animateur.

Pour l’évaluation, la répétitivité est prise sur 1 minute pour les cycles inférieurs à la minute et sur l’ensemble de la durée du cycle pour les cycles plus longs.

3.1 L’autoévaluation

Là aussi l’opérateur va positionner sur une échelle libre, le ressentit qu’il a de la répétitivité des mouvements. L’enjeu est de le laisser faire pour mieux se rendre compte par la suite de l’évaluation finale.

3.2 Confrontation

L’évaluation finale s’effectue via une confrontation entre le ressenti de l’opérateur, et l’évaluation de l’animateur qui lui s’est basé sur une grille prédéfinie2.

4 – Synthèse

Une fois les données terrains recueillies, l’animateur va procéder à l’évaluation finale. Celle-ci se déroule en 2 temps :

  1. Synthétiser les données sur un tableau. Ce tableau se base sur les situations les plus à risque et donc les scores les plus grands. Pas sur une “moyenne“.
  2. Se mettre d’accord sur une évaluation finale avec la personne effectuant les opérations et choisir ensemble les actions d’améliorations.

Source

1 – I. Kuorinka, L. Forcier (1995) – LATR : les Lésions Attribuables au Travail Répétitif

2 – W. A. Latko (1997) – Development and evaluation of an observational method for assessing repetition in hand tasks

ACOME (1998) – Ergonomie des outils à main : problématique et état de l’art

INRS (2000) – Méthode de prévention des troubles musculosquelettiques du membre supérieur et outils simples.

https://www.osha.gov

Share This